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Citoyen-du-Laniakea.over-blog.com

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Blog à tendance libertaire et révolutionnaire qui cultive et revendique une certaine marginalité par les liens, les personnalités et les idées mis en avant. Ce mélange peut sembler parfois contradictoire mais qu'importe, ce blog aime picorer un peu partout, seule une expression, un appel ou une menace explicite relative à la haine, de violence y sont prohibées

La révolution robotique domestique, humanoïde en partie, est en marche

http://www.liberation.fr/economie/01012395303-techno-robot-pour-etre-vrai
enquête Avec Nao, Roomba et les autres, les humanoïdes s'invitent à la maison.
Par CHLOÉ SCULONE...

Avec sa petite bouille et ses yeux ronds, il serait presque émouvant. Du haut de ses 56 cm, il vous appelle par votre prénom d’une voix légèrement synthétique, il vous suit en marchant, il peut porter de petits objets ou jouer le prof d’anglais… (voir la vidéo) Nao, le robot humanoïde construit par la start-up française Aldebaran Robotics depuis 2008 était jusqu’à présent surtout connu des laboratoires de recherche et des geeks. Mais il pourrait bientôt entrer chez le quidam. Son créateur, Bruno Maisonnier, patron d’Aldebaran Robotics, a décidé de le commercialiser auprès du grand public, peut-être dès la fin 2012. Le robot à la maison, ce n’est donc plus vraiment de la science-fiction. A mille lieues de Metropolis,Terminator et consorts, ces machines s’apprêtent à investir notre quotidien. Les robots venus du Japon, de Corée, des Etats-Unis et de Suisse seront d’ailleurs les stars d’Innorobo, le salon organisé par le Syndicat français de la robotique (Syrobo) à Lyon, du 14 au 16 mars.

Prophète.«La prochaine révolution industrielle, c’est la robotique. L’intelligence apportée aux objets va provoquer la même rupture technologique et sociétale que l’électricité ou Internet.» Le prophète qui parle ainsi s’appelle Bruno Bonnell. Ce pionnier d’Internet fut, dans les années 80-90, le très médiatique PDG de Infogrames-Atari et ne vit plus que pour la «robolution», néologisme de son cru et qui lui a inspiré le titre de son livre publié en 2010 (ed. JC Lattès). Une certitude également mue par des raisons très personnelles : son jeune fils Balthazar est atteint d’une maladie dégénérative découverte en 2006. Pour lui, c’est sûr, les robots seront bientôt partout. Des machines au service des malades, des handicapés et des personnes âgées.

Prémices de cette «robotique de services», le joli carton du joujou techno en vogue, le robot-aspirateur Roomba d’iRobot (près de 6 millions de modèles vendus dans le monde depuis 2002), capable de slalomer entre les meubles et de revenir tout seul à sa base pour se recharger. «LG et Samsung ont aussi lancé les leurs. On est bien dans la transformation d’objets quotidiens par une dose d’intelligence artificielle, martèle-t-il, sourire éternel et crâne rasé. Dans dix ans, cette robolution sera présente dans les principaux produits grand public.» Mais elle dépasse largement le foyer et les tâches ménagères. Des bras robots assistent déjà des chirurgiens, parfois à distance, dans des opérations délicates. Les constructeurs planchent de leur côté sur des voitures à conduite automatique…

Le robot, c’est une machine chargée d’effectuer des tâches de manière autonome, qui associe des capteurs, un processeur pour prendre des décisions et des actionneurs (roues, bras…) pour agir sur le monde réel. Un concentré de technologies avec une très grande puissance informatique de calcul et énormément d’interactivité, connecté en permanence à Internet. Toutes les briques technologiques existent déjà, à commencer par les fameuses interfaces homme-machine. Parler à une machine ou la piloter par gestes devient quelque chose de courant. Siri, implanté sur l’iPhone 4S, nous habitue à l’idée de donner des instructions à une machine de vive voix, en langage naturel, par phrases. L’accessoire Kinect pour la console Xbox de Microsoft fait des mouvements du corps la nouvelle manette du futur. Ce sont les premières interfaces dotées d’intelligence artificielle avec des capacités intellectuelles comparables à celles des êtres humains, telles que la mémorisation.

La robotique personnelle ne pèse pas encore très lourd à côté de la robotique industrielle, qui représentait, en 2009, un marché de 18 milliards de dollars (13,7 milliards d’euros). Mais elle devrait croître très vite, passant de 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2011 à 100 milliards en 2020, selon l’International Federation of Robotics.

En France, une poignée de start-up s’activent. A commencer par Robopolis, spécialisée dans la distribution de robots ménagers, que Bruno Bonnell a racheté en 2006. Dans la foulée, il a négocié la distribution exclusive pour la France de robots ménagers ou de loisirs de firmes américaines ou asiatiques. Près de 40 modèles sont aujourd’hui commercialisés pour un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros en 2011. Un début. Aldebaran Robotics commercialise le fameux Nao, petit robot humanoïde qui s’annonce prometteur : avec 1 000 unités vendues par an aux labos et universités, la société a réalisé 6,9 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Ses concepteurs imaginent des usages ludo-éducatifs, à l’école, mais aussi auprès d’enfants autistes, comme à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, avant la version grand public de Nao «en vente fin 2012 entre 3 000 et 4 000 euros», annonce Bruno Maisonnier. Il y a aussi Gostai, qui vend depuis 2011 le robot Jazz, lointain cousin du R2-D2 de Star Wars. Monté sur roulettes et tête en forme d’écran avec caméra intégrée, sa solution de visioconférence permet de converser et d’assurer une surveillance à distance.

«Pouêt pouêt». En France, un réseau de start-up et de labos tisse sa toile, entre Paris, Lyon et Montpellier. Quelques projets de recherche cyclopéens fleurissent, comme Cap robotique, véritable filière initiée par Aldebaran Robotics en mai 2009, qui cible le marché de l’aide à la personne avec le projet de robot androïde Romeo. Mesurant 1,20 mètre, il sera deux fois plus grand que Nao et ses premiers prototypes sont attendus pour cette année. Reste le nerf de la guerre. Bruno Bonnell vient de créer le fonds d’investissement Robolution capital, doté de 60 millions d’euros pour financer des start-up robotiques. «En France, on trouve des fonds d’amorçage pour débuter. Mais il n’y a pas d’aides publiques pour la deuxième étape», regrette Bruno Maisonnier, qui, du coup, compte lever «40 millions d’euros auprès d’investisseurs japonais». De fait le Japon a été pionnier, avec Sony et Toyota, suivis par les Coréens Yujin Robot et Dasarobot. Mais l’Asie reste avant tout focalisée sur les robots d’entertainment.«Au Japon, les robots font pouêt pouêt, mais ne représentent pas un secteur industriel», regrette Jean-Christophe Baillie, fondateur de Gostai. Alors, ce sont les Etats-Unis qui montrent la voie. La compagnie iRobot, cotée au Nasdaq, est aujourd’hui leader mondial de la robotique grand public, avec un chiffre d’affaires de 465 millions de dollars en 2011. En sus de ses millions de robots Roomba, elle vit aussi des commandes de l’armée américaine, à qui elle a livré 3 000 robots éclaireurs-démineurs Packbot.

Émotions. A quoi ressembleront les robots de demain ? De Jules Verne à Philip K. Dick, l’homme a toujours imaginé le robot à son image. Dans une pièce de théâtre, en 1920, l’écrivain tchèque Karel Capek les met en scène comme des esclaves (robota en tchèque) de métal qui se révoltent contre l’oppresseur humain. Cette vision anthropomorphiste a été théorisée par le maître de la SF Isaac Asimov : «L’être humain croira toujours que plus le robot paraît humain, plus il est avancé, complexe et intelligent», prophétisait-il dans les Robots de l’aube. Mais il en coûtera des milliards et des années de recherche pour réaliser ce rêve androïde. «C’est une erreur de dépenser des millions de dollars pour un robot qui coûtera trop cher pour être développé», assène Colin Angle, le PDG d’iRobot. En 2005, Sony a arrêté la production de son robot Aibo, après avoir investi des millions de dollars. Trop tôt, trop cher… La forme du robot va d’abord s’adapter à son usage. Et la clé sera la communication homme-machine. Alors, les labos planchent surtout sur des machines capables d’imiter nos émotions afin d’interagir avec nous. On est encore loin d’offrir une conscience à Nao et ses frères.

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